mercredi 21 mai 2008

Venez nous rencontrer!

La Pachamama part dès à présent à votre rencontre!

Eh oui, la vente en ligne, c'est bien, mais c'est tellement gai de voir les gens en vrai, d'échanger, de papoter...

Deux rendez-vous, donc, pour l'instant:

- Le dimanche 1er juin, à Bruxelles, à la fête de l'avenue de Tervueren, La Pachamama aura son stand dans le Village international, sur le square Montgomery.

- Le samedi 7 juin, toujours à Bruxelles, La Pachamama sera présente à la Journée bien-être et nature organisée dans les galeries de la Place Keym, à Watermael-Boitsfort.

L'occasion de découvrir "en vrai", de toucher, d'apprécier, de goûter (ah non, je m'emballe là!) les produits équitables de La Pachamama. Si vous avez des envies particulières, des produits que vous aimeriez particulièrement voir à cette occasion, n'hésitez pas à poster vos commentaires!

A très bientôt!

jeudi 15 mai 2008

Les jeux coopératifs sont arrivés!

Voilà une catégorie qui nous tenait bien à coeur!

Grâce au coup de pouce de l'ASBL De Bouche à Oreille, un réseau d'associations d'éducation permanente en pays de Herve, La Pachamama vous propose une gamme passionnante et originale de jeux coopératifs qui viennent d'une petite production familiale et écologique au Canada (et bien sûr, qui sont importés par bateau!).

Mais, les jeux coopératifs, savez-vous ce que c'est?

Il s'agit de jeux qui inversent le principe habituel de la compétition, de l'élimination et de la destruction de l'adversaire. Au contraire, ici on se met tous ensemble pour s'entraider, partager des idées, des stratégies et des gains qui nous permettront de franchir les obstacles pour arriver au but final.

Ces jeux nous révèlent nos capacités d'écoute de l'autre, de partage, d'esprit d'équipe. Ils développent des valeurs constructives et non destructives. Ils laissent aussi une place énorme à l'imaginaire. Vous serez étonnés de voir tout ce que vous parvenez à inventer! Il n'y a ensuite qu'un pas pour transposer cela à la vie réelle: imaginer, négocier et partager des solutions qui conviennent à tout le monde pour résoudre des conflits et des problèmes, ce sont des éléments qui n'existent pas que dans les jeux!

Pour commencer, La Pachamama propose sept jeux différents:

-La princesse ensorcelée (dès 3 ans): le thème de base est classique, une princesse enfermée dans son chateau. Tous ensemble il faudra la délivrer avant que la nuit ne tombe. Pour cela, il faudra collecter des cartes de bonnes affaires dont nous avons besoin pour franchir les obstacles. Si vous trouvez un moyen de franchir des douves glacées à l'aide de vers luisants, félicitations! mais alors vous devrez trouver autre chose pour traverser le tunnel obscur...!

-Max (dès 3 ans): un chat essaie d'attraper un oiseau, un écureuil et une souris. A nous d'aider les petites bêtes à se mettre à l'abri avant qu'il ne les dévore, en les faisant fuir ou en distrayant Max par des gâteries. Mais attention! Si des enfants décident de prendre la défense du chat, aucune raison de les en empêcher: Max est un prédateur par nature!

-Derrière la porte secrète (dès 4 ans): Un jeu de mémoire coopératif. Des voleurs ont caché une partie de leur butin derrière une porte secrète. Il nous faudra fouiller le chateau pour retrouver la partie du butin dérobée avant minuit, sans quoi les voleurs s'enfuiront avec le trésor.

-Promenons-nous dans les bois (dès 5 ans): un jeu coopératif d'éveil à la nature. Une promenade dans les bois nous permettra de remplir nos paniers de fruits, d'herbes aromatiques, etc... Mais attention! ll nous faudra aussi apprendre à respecter ce qu'on peut regarder sans toucher, car l'Homme est parfois dangereux pour la nature, mais certaines plantes sont aussi dangereuses pour l'Homme! Des cartes de bonnes affaires nous permettront de résoudre des problèmes si nous avons par erreur touché quelque chose d'interdit.

-Un si bel endroit (dès 5 ans): un autre jeu écologique et coopératif. Notre belle planète a été polluée, mais il n'est peut-être pas trop tard pour lui rendre sa beauté initiale. En mettant en commun les cartes de bonnes affaires que nous récoltons, nous arriverons peut-être à nettoyer, coin par coin, notre belle Terre!

-Tempête de neige (dès 5 ans): nous devons aider plusieurs familles à faire les courses, conduire les enfants à l'école, etc, alors que la tempête de neige menace. Si la neige ou la glace les empêchent de passer, nous pourrons demander de l'aide à l'épandage ou aux chasse-neige. Mais ils n'ont pas que ça à faire! Un jeu pour discuter et négocier ensemble des meilleures stratégies pour que chaque famille arrive à remplir ses tâches avant d'être bloquée par la neige, où l'imagination a aussi sa place.

-Zen block (dès 6 ans): un jeu coopératif casse-tête en même temps qu'un bel objet. Les cubes peuvent s'assembler de diverses façons pour créer une harmonie à décider entre les joueurs. Ce jeu s'apprécie jusqu'à l'âge adulte.

Ce bel éventail qui promet bien du plaisir est accompagné sur le site de quelques pages sur les jeux coopératifs.

Bon amusement à vous!

vendredi 9 mai 2008

Un prix juste pour le producteur, qu'est-ce que c'est?

"Comment peut-on être sûr que l'argent leur revient?" m'a récemment demandé une visiteuse de mon site.
Vaste question qui mérite toute notre attention et ouvre un débat passionnant.

Je dirais en premier lieu qu'il faut bien choisir ses fournisseurs. Des gens engagés dans une démarche alternative, réellement préoccupés par les inégalités Nord-Sud, et qui, souvent, ont mis sur pied leur organisation dans le seul but d'améliorer les conditions de vie au Sud, et pas de faire du profit, inspirent la plus grande confiance.

Bien sûr, il y a aussi ceux qui ont plongé dans la filière équitable parce qu'ils ont bien compris que c'est un créneau porteur, et surtout, en pleine croissance. Ceux qui cherchent à faire plus de profit grâce au commerce équitable. Les rejeter? Non, je ne pense pas. S'ils s'astreignent, pour certaines marchandises, aux critères d'un label tel que Max Havelaar, par exemple, cela pourra rendre un peu de dignité aux producteurs du Sud, quelle que soit la raison qui en est à l'origine: une tonne de café équitable achetée par une grande surface, c'est déjà mieux que zéro. D'où, encore une fois, l'importance du rôle du consommateur, qui définit par ses choix les priorités des distributeurs.

L'organisation Transparent Trade exige de ses membres une transparence comptable totale. Le découpage du prix des produits de leurs membres doit être publié sur le site. La Pachamama y consacre une page sur son site. L'analyse de ces prix offre une belle perspective d'explication.

En effet, comment comprendre qu'un vêtement acheté 20€ en magasin soit équitable quand seulement 3€ en reviennent à la production? Le découpage du prix montre les coûts de transport, de douane, de TVA, de salaires des employés en Europe, etc... Autant de paramètres qui, à chaque étape, font gonfler le prix d'achat final.

Toujours est-il que, même si le producteur a 3€ en poche pour une pièce vendue, la marge de la boutique est de 7,8€, soit plus du double. Ceci s'explique par les différences de coût de la vie entre les pays du Nord et les pays du Sud. 3€ donnent un niveau de vie correct au producteur, et 7,8€ donnent un niveau de vie correct au revendeur (n'oublions pas que chacun a lui aussi ses propres coûts).

D'aucuns disent, sans avoir tort, que le commerce ne sera vraiment équitable lorsque les producteurs du Sud auront le même pouvoir d'achat que les revendeurs du Nord. Bien sûr! Mais le commerce équitable lui permet au moins de subvenir aux besoins de sa famille, d'envoyer ses enfants à l'école et de les conduire chez le médecin s'ils sont malades.

Il faut aussi rester prudent à ce sujet. Je me souviens d'un reportage sur une fabrique de sacs équitables en Afrique du Sud. Une employée acceptait d'être filmée chez elle. Son salaire avait beaucoup amélioré sa qualité de vie, mais elle tenait à rester dans le bidonville où elle avait toujours vécu, près de sa famille et de ses amis. Déménager l'aurait déracinée. Or, grâce à son salaire, elle avait pu se permettre d'acquérir plusieurs appareils électroménagers tels que frigo, télévision,... et, depuis lors, se faisait régulièrement cambrioler, parfois avec violence. Il faut être très attentif à maintenir un équilibre entre l'amélioration du niveau de vie des plus pauvres et leur bien-être, ce qui est extrêmement complexe.

Une autre de ces employées, en revanche, devait parcourir cent kilomètres pour arriver à son lieu de travail, et vivait toute la semaine loin de ses enfants. Sa vie était donc difficile, mais elle en était heureuse: ce travail lui avait permis d'éviter de se retrouver à la rue, elle et sa famille. Une solution qui serait imparfaite aux yeux d'un Occidental ne l'est pas forcément pour la personne qui en bénéficie.

"Mes couturières se foutent de nos grandes théories sur le commerce équitable, elles, elles veulent être payées pour leur travail, c'est tout", m'a dit un jour un de mes fournisseurs. Ces dames prenaient mal les vérifications de l'organisme de contrôle: elles avaient le sentiment que c'était elles qu'on surveillait...

La réalité est différente selon chaque pays, et même selon chaque personne. Offrir un prix juste au fournisseur implique une grande quantité de notions complexes, très difficiles à chiffrer et surtout à généraliser. Mais pour répondre à la dame qui me demandait comment être sûr que l'argent leur revient bien, je dirais: en commerce équitable, le préfinancement du prix juste est un principe de base. Les petits producteurs n'ont pas à se demander si l'argent va bien leur revenir: ils l'ont déjà eu depuis longtemps quand l'objet arrive à la vente, et en ont déjà bénéficié par leur travail, ce qui est beaucoup plus valorisant, et les rend beaucoup plus autonomes, que de l'aide internationale qui leur laisse un statut d'assistés.

mercredi 7 mai 2008

Le concept du continuum

Rien à voir avec le commerce équitable, c'est vrai, mais voilà un livre qui a, en revanche, beaucoup à voir avec l'ouverture aux autres civilisations et le respect des générations futures.

Jean Liedloff l'a écrit dans les années 70, après avoir passé plusieurs années dans la jungle sudaméricaine avec les Yekanas. Elle a été très surprise de constater la joie de vivre naturelle, l'absence de rivalités et la grande satisfaction de cette population qui vit encore à un stade primitif.

Là, les enfants naissent pour être logés contre leur mère et y rester jusqu'à manifester par eux-mêmes le désir de commencer à se déplacer pour explorer leur environnement. Portés constamment contre un corps humain, qui vit, qui bouge, qui travaille ou qui dort, le jeune enfant emmagazine des apprentissages en toute sécurité, depuis l'endroit qu'il connait le mieux: le corps de sa mère.

Ces observations ont ébranlé l'auteure dans sa conception toute occidentale d'élever nos enfants en les séparant précocement sous prétexte d'autonomie. Chez les Yekanas, un enfant qui reste contre sa mère apprend la vie sereinement, et lui permet à elle de garder sa place dans la société, sans l'en écarter pour s'occuper du petit. Pourquoi, et comment, notre civilisation a-t-elle oublié ces gestes qui sont, avant tout, des gestes naturels d'amour?

"Toute mère ou future mère doit le lire; la beauté de la chose est qu'elle n'apprendra rien de nouveau; elle se rappelera simplement ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle-même".

Un livre à méditer, qui ne laisse pas indifférent!

Le concept du continuum - A la recherche du bonheur perdu, Jean Liedloff, Editions Ambre.