vendredi 3 juillet 2009

La crise du lait

Nous relayons ici un communiqué de presse d'Oxfam Magasins du Monde:

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Un prix juste, pas juste un prix : face à la grande distribution, Oxfam soutient le combat commun des producteurs du Nord et du Sud.

Aujourd’hui, la crise du lait met en avant les conséquences économiques et sociales des pratiques d’achat de la grande distribution. Comme le met notamment en lumière Oxfam-Magasins du monde dans la campagne « Meilleur marché », au travers de la filière textile de la grande distribution, ce sont systématiquement les producteurs qui en payent le prix fort. La recherche de rentabilité maximale amène la grande distribution à exiger de ses fournisseurs et sous-traitants, qu’ils soient wallons ou asiatiques, toujours plus, pour toujours moins.

Comment, dans ce contexte, garantir un travail décent et suffisamment rémunérateur ? Les pratiques actuelles ne permettent ni à un travailleur indien d’une usine textile (en moyenne 45€/mois), ni à un agriculteur wallon (lait payé à pratiquement la moitié de son coût de production, salaire non-inclus) de vivre dignement de leur métier. Davantage que leur activité économique, c’est trop souvent la solidarité (entre autre familiale), qui permet à ces acteurs de la filière de la grande distribution de s’en sortir.

Pour Oxfam, la solidarité est une valeur essentielle, mais elle ne peut être le filet social d’un marché dérégulé. Pour ce faire, nous exigeons de nos supermarchés qu’ils payent un prix juste à leurs fournisseurs et leur permettent de vivre décemment de leur activité.

Les entreprises de la grande distribution ne peuvent fuir leurs responsabilités sociales, économiques et environnementales. Leur taille leur confère une puissance sur le marché, qu’ils ne peuvent utiliser uniquement afin de compresser les prix, prétendument « pour le bien du consommateur ». Cette tendance est destructrice tant pour les producteurs, citoyens et consommateurs du Nord et du Sud.

De même, comme Oxfam-Solidarité l’a démontré lors de sa campagne « le commerce du lait : un concentré d’injustices », le monde politique belge et européen doit agir en régulant davantage les marchés. Cela passe par des règles qui garantissent un modèle agricole durable et solidaire en terme environnemental, d’emploi et de qualité de produit. Certaines organisations paysannes du Sud marquent aussi leur solidarité avec les producteurs belges en soulignant que « la dérégulation de la filière laitière, et l’absence de régulation des marchés agricoles en général mettent en danger les paysans, de par le monde. L’élimination des quotas laitiers en Europe étrangle les paysans européens et, dans le même temps, favorise la surproduction et les exportations ce qui risque d’avoir des conséquences sérieuses sur les marchés locaux africains. » C’est donc par ces choix politiques courageux et ambitieux, orientés vers le long terme, que nos sociétés parviendront à répondre aux défis des crises économiques, alimentaires et climatiques.

Les démarches déjà existantes (paniers de produits locaux ; soutien croissant au commerce équitable et à l’agriculture paysanne) sont des signaux clairs qu’une partie de la population se met concrètement en résistance face à ce modèle de mal-développement. Ces messages ne peuvent être ignorés par les acteurs économiques et la classe politique.

Face à ces enjeux, Oxfam appuie les agriculteurs dans leurs revendications et appelle donc le monde politique et la grande distribution à prendre leurs responsabilités et à rendre effectif un travail décent et une agriculture paysanne durable au Nord et au Sud."

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